Rédacteur de biographie, une histoire à partager pour inspirer
Chacun porte en soi une histoire à raconter, et la mienne ne fait pas exception…
Comment une enfant dyslexique et dyspraxique, à qui l’on promettait peu d’avenir, est-elle devenue archéologue, rédactrice web, autrice et prête-plume ?
Une enfant différente en quête d’acceptation
Il était une fois une enfant qui se réfugiait dans l’écriture… pour échapper au harcèlement scolaire.
Je me suis toujours sentie différente. En perpétuel décalage avec le monde actuel. Peut-être qu’une sensibilité accrue me le fait percevoir autrement ?
Enfant, je peinais à me faire des amis. Ceux qui le devenaient finissaient souvent par abuser de ma gentillesse.
Je subissais non seulement les harcèlements de mes camarades, mais aussi les brimades de mes professeurs. Reléguée au fond de la classe par ces derniers, je dessinais pendant que les autres élèves suivaient le cours. J’ai également passé de nombreuses heures sous le bureau de ma maîtresse pour avoir osé me défendre. On me considérait comme une enfant difficile et un peu idiote, sachant à peine écrire, parler et calculer. Il faut dire que ma mère, polonaise, parlait très mal le français. « Tourne sept fois ta langue dans la bouche », entendais-je souvent. Depuis, parler en public lors de réunions ou lors de conférences me donne des sueurs froides.

L’écriture, un moyen de s’échapper vers un ailleurs…
À la maison, je dois faire face à la maladie de mon père, atteint d’un cancer depuis ma naissance. Mon quotidien oscille entre l’école, la maison et l’hôpital. Chaque soir, je mange de la semoule au lait ou du pain avec de la confiture. J’apprendrai bien des années plus tard que ma mère avait à peine de quoi nous nourrir pour payer les frais d’hôpital. Condamné par les médecins, mon père finira pourtant par guérir, soigné à domicile par ma mère. Cependant, il ne sera plus jamais vraiment le même et rechutera de nombreuses fois avec d’autres cancers.
Pour m’évader, je lis. Ma mère m’a transmis l’amour de la lecture. Je découvre des mondes imaginaires qui me permettent d’oublier l’école et la maladie de mon père. Fille unique, je souffre de solitude. Mes parents, sur le conseil d’une psychologue, m’offrent un chien. Le début de mon amour pour les animaux.
Je passe mes samedis à la bibliothèque et, après l’école, je préfère la lecture aux devoirs. À huit ans, je commence à écrire des histoires, souvent fantastiques, une façon pour moi d’exister dans ce monde dont je n’ai pas les codes.
Un parcours scolaire chaotique

Dyslexie, dyscalculie, dysgraphie, dyspraxie… Chaque bonne fée m’a dotée de tous ces troubles d’apprentissage… Je redoublerai mon CP et mon CM1. Je passerai les deux dernières années dans des classes spécialisées dédiées aux enfants en échec scolaire. Une façon pour les professeurs de ne plus s’occuper de nous. Mis à part en français, où j’excelle en rédaction (mais pas en orthographe), mes notes sont désastreuses. Mon niveau est jugé insuffisant pour passer en classe de quatrième. Personne ne sait vraiment quoi faire de moi. Je m’oriente alors une filière professionnelle à Fresnes (Val-de-Marne), où je vivrai mes plus belles années. J’y obtiens un CAP puis un BEP en secrétariat et comptabilité. À 19 ans, je poursuis avec un bac pro au lycée de Longjumeau (Essonne), et décroche mon diplôme à 21 ans.
Je fais une pause dans mes récits fantastiques pour me consacrer à mes études d’archéologie
En parallèle de ma passion pour l’écriture, je nourris un vif intérêt pour l’histoire, et plus précisément pour l’archéologie. Fascinée par les civilisations anciennes, je participe à mon premier chantier de fouilles à 16 ans, à Bazoches-les-Bray. Ma première sépulture avec un crâne trépané ! Je décide dès lors de devenir archéologue, malgré mon faible niveau scolaire. Rien n’est impossible à celui qui y croit sera désormais mon leitmotiv ! La comptabilité, surtout avec ma dyscalculie, n’a jamais été mon domaine de prédilection.
La maladie de mon père et le harcèlement dont j’ai fait l’objet m’ont appris la résilience, et surtout… à croire que la vie reste un champ infini de possibles, dès lors qu’on le souhaite vraiment. Je m’inscris donc à l’université, sans grand espoir, tout en postulant pour un BTS en comptabilité. À ma grande surprise, je suis refusée en BTS, mais acceptée à Paris I, Panthéon-Sorbonne. Ces années d’université, où je franchis toutes les étapes avec acharnement, constituent les périodes les plus difficiles de mon parcours scolaire. J’ai tant de matières à rattraper ! Je mets donc ma plume de côté pour me consacrer pleinement à ma seconde passion : l’archéologie. Celle que l’on qualifiait autrefois d’« idiote » soutient sa thèse dans la chapelle où Louis XIV fut baptisé, au château de Saint-Germain-en-Laye. Je travaillerai dans ce lieu prestigieux durant douze ans, me consacrant désormais à la rédaction scientifique et à la gestion des collections (récolement).
Je reprends l’écriture littéraire après plus de vingt ans de pause
Après ma thèse d’archéoanthropologie funéraire, je décide de me consacrer au sport, et plus particulièrement à la course à pied. J’ai en effet un autre défi à relever : étant dyspraxique, on se moquait toujours de moi pendant les activités sportives. Je dois montrer que je peux, moi aussi, accomplir des exploits. En 2015, je termine mon premier marathon, suivi par des trails longs de plus de 80 km. La même année, je traverse une période difficile, tant sur le plan personnel que professionnel. Je perds mon père, après avoir perdu ma mère six ans plus tôt d’un cancer. Mon père a finalement capitulé face à la maladie. Il ne verra jamais ma fille fêter ses dix ans, lui qui lui avait promis d’être là à ses dix-huit ans. À nouveau, cette envie d’évasion et ce besoin de m’évader dans un autre univers devient de plus en plus prégnant. Je m’inscris aux ateliers d’Élisabeth Bing, où j’apprends l’art de la nouvelle. Je sens que je peux encore progresser. Je décide de suivre la formation « Histoire captivante » d’Adrienne Carrara afin de travailler l’art du roman.
En 2016, je découvre le NaNoWriMo, un défi mondial d’écriture de roman en trente jours. J’y commence les chapitres du Royaume d’Ysor, une romance fantastique.
Je n’arrêterai plus…, participant à de nombreux concours d’écriture, dont celui de la culture. Deux fois de suite, je remporterai le coup de cœur du jury.

Une reconversion dans les métiers de la narration
Je travaille depuis 22 ans comme gestionnaire de collections archéologiques au ministère de la Culture : Musée d’archéologie nationale (MAN), Centre national des arts plastiques (CNAM) ; Centre des monuments nationaux (CMN) ; Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art (CRDOA) ; Département des recherches archéologiques subaquatiques et archéologiques (Drassm). Toutefois, je rêve de faire un métier dans lequel je pourrais raconter des histoires. Une envie de plus en plus impérieuse s’installe…
En 2019, je décide de me reconvertir. Ma passion pour l’écriture devient chaque jour plus forte, bien que j’apprécie toujours autant mon métier. Je me forme à la correction à l’École des métiers de l’information, puis à la biographie. Je ne m’arrête pourtant pas là. Je découvre en effet le métier de rédactrice web SEO, qui finit par donner une nouvelle direction à mon parcours : je m’oriente vers la rédaction de contenus digitaux pour le web et crée mon entreprise en 2022 : Le-style-est.com.
Écrivain de biographie : je donne une nouvelle direction à ma carrière

En 2024, j’ai besoin de prendre du recul pour développer mon activité. je m’accorde un congé sabbatique. J’en profite pour terminer Le Royaume d’Ysor que je publie en autoédition sur KDP Amazon en août 2024…, huit ans après avoir posé les premières lignes.
En parallèle de la rédaction web, j’entreprends un premier récit de vie, et découvre avec enthousiasme ma passion pour la biographie. C’est ainsi que Raconter son histoire voit le jour.
Je me considère désormais comme une conteuse de vie ou une rédactrice de mémoire.
Écrivain d’histoire de vie : mes phrases fétiches
Tomber sept fois, se relever huit
Qui ne tente rien n’a rien
Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse
Vivre mille vies en une seule !
La vie est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page